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08 juillet 2008
L'immortalité taoïste
A l’origine, la poursuite de l’immortalité implique essentiellement un travail sur le corps comprenant un régime diététique particulier, une gymnastique et la consommation d’herbes ou d’élixirs, assorti à des exercices spirituels. Avec le développement du taoïsme institutionnel, à la pratique individuelle s'ajoute souvent l'exigence du respect de la communauté : conduite morale et bonnes actions. Les techniques corporelles, très variées dans les détails et souvent spécifiques à une école ou à un maître, peuvent être regroupées en quelques grandes catégories : diététique, alchimie externe par absorption d’élixirs ou pilules, alchimie interne par visualisation et gymnastique. Plusieurs techniques sont combinées. On peut accéder à l’état d’immortel en se débarrassant au moment de la mort de son corps comme un serpent de sa dépouille, mais les plus doués se métamorphosent et s’élèvent au ciel de leur vivant. La croyance populaire, imprégnée des valeurs communautaires, les imagine parfois s'envoler accompagnés de leur famille et de leurs animaux, d'où le dicton : « Quand une personne obtient le Dao, [même] ses poules et ses chiens montent au ciel » (l'ensemble du groupe bénéficie de la promotion d’un de ses membres ).
Techniques externes
Selon un passage du Zhuang Zi, les immortels s’abstiennent des cinq graines (riz, millet, blé, avoine et haricots), se nourrissant de vent et de rosée. Les graines avec lesquelles s'alimentent les gens ordinaires sont censées contenir des vers qui pourrissent le corps de l’intérieur et, de surcroit, espionnent et dénoncent les péchés de l’individu qui les abrite aux divinités, diminuant encore ses chances de vivre longtemps.
La croyance à l’existence d’herbes de longue vie dans les terres d’immortalité est attestée dès les Royaumes combattants. Les fabrications alchimiques du jindan devinrent de plus en plus populaires à partir des Han orientaux et connurent leur apogée sous les Tang avec l'« élixir d'or » ou « élixir de retour [à l'unité primordiale] ». Néanmoins, sous cette même dynastie l’alchimie externe, probablement plus dangereuse que bénéfique, fut progressivement abandonnée au profit de l’alchimie interne dominante à partir des Song.
Techniques internes
Le travail du souffle lianqi est apparu aussi tôt que l’alchimie externe. On en trouve des traces dans l’œuvre de Qu Yuan, ou chez Zhuang Zi en ce qui concerne le daoyin, sorte de gymnastique douce. Il comprend des exercices de respiration pour « rejeter le vieux et introduire le neuf », des gymnastiques douces ou des arts martiaux qui ont répandu la pratique du qigong au-delà de la communauté taoïste, ainsi que des visualisations de l'intérieur du corps, comme celle où le pratiquant capture les essences du soleil et de la lune et voit ses yeux et son souffle devenir miroir, les nœuds des méridiens du souffle s’illuminer et éclairer ses organes.
Autres
Des rites effectués par un maître taoïste peuvent aider à avancer sur le chemin de l'immortalité. Les écoles qui ont pignon sur rue ne manquent pas de rappeler à leurs disciples que les techniques sont inefficaces sans une bonne conduite. Ce concept est particulièrement important en Chine où on considère que les dieux sont des mortels divinisés pour leur vertu.
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